Les lieux et les personnages du Grand Final

Énième rhizome du « Grand Final », une collaboration entre le photographe ZoNik et l’artiste-peintre Mufuki Mukuna.

L’idée derrière cette collaboration est d’assembler la vision picturale des personnages du « Grand Final » de Mufuki Mukuna à la lecture du roman et des photographies, en noir et blanc, des lieux du livre, réalisées par Zonik, en utilisant un appareil photographique de la fin du 19ème Siècle et une boîte à biscuits percée d’un trou (sténopé).

La bavure assassine

Les manifestants étaient frappés par le nombre de présents et souvent par derrière par les BRAV-MEnviron trois mille personnes s’étaient rassemblées sur la place de la Bastille, toutes affublées de masques chirurgicaux ou d’autres dispositifs de protection des voies respiratoires. En tête de cortège, un attroupement serré de jeunes vêtus de noir et munis de casques et cagoules, derrière d’autres jeunes et moins jeunes, quelques gilets jaunes. Et l’incontournable fanfare de cuivres, instruments à vent et percussions qui revisitait «La Semaine Sanglante» et autres chants de lutte. Une banderole devant le cortège disait: «MICRON, LE VIRUS C’EST TOI!». Plus loin, sur une autre, on pouvait lire: «OUI AUX VACCINS POUR TOU(TE)S, NON À LA RÉPRESSION». La police, en tenue anti-émeute, encerclait le rassemblement. Un fourgon-blindé était positionné juste en deuxième ligne. Les manifestants criaient des slogans contre le gouvernement et la gestion de la pandémie, mais ils restaient sur place, pas assez nombreux pour se mettre en mouvement et affronter le déploiement des forces de l’ordre. À l’improviste, le moteur du fourgon blindé s’emballa et, après quelques secondes, il fit un bond en avant. La rangée de policiers eut à peine le temps de s’écarter et assister incrédules à l’accélération du fourgon. En un instant, celui-ci fonça sur les manifestants. Les premiers à être renversés furent les jeunes en noir, qui se retrouvèrent à terre écrasés par les roues. Les gens essayaient de s’enfuir, mais plusieurs dizaines de personnes furent percutées. Le fourgon finit par arrêter sa course folle au milieu des manifestants en état de choc. Des cris retentissaient: «ASSASSINS! ILS VEULENT TOUS NOUS TUER!» Les policiers à pied restaient immobiles. Les quelques street medics commencèrent à dispenser les premiers secours et l’on entendit le son lointain des ambulances. 

(extrait du roman Le Grand Final de Krill&Zon)